Ferhat Ait ali braham
Ferhat Aït Ali braham  
(Membre de la communauté d'Issendlene)
Analyste financier
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Accord d'association de l'Algérie avec l'UE


- L’Algérie demande officiellement la révision de l’Accord d’association avec l’UE, une demande entérinée lors du dernier Conseil des ministres, confirmée, hier, par le ministre des Affaires étrangères qui réclame une refonte de fond en comble de cette convention. Quelle lecture en faites-vous ?


L’Accord d’association, qui date de 2002 mais n’est entré en vigueur qu’en 2005, donne l’impression, à sa lecture intégrale, qu’il a été dicté entièrement par la partie européenne ; l’Algérie n’ayant à la date de sa négociation d’autre souci que l’établissement d’une courroie de transmission avec les Européens, en vue de redonner au pays un autre statut que celui de quasi-paria auquel il a été soumis dix ans durant.

En contrepartie, l’Union européenne en a profité pour établir un accord de libre-échange dans la plénitude de ce concept.
Il est évident que la partie algérienne n’a jamais anticipé les effets à long terme de la mise en œuvre de cet Accord, tant sur ses recettes fiscales que sur la balance des paiements qui était excédentaire à cette époque, d’où le raisonnement à courte vue qui caractérise notre gouvernance. Avec la hausse du dollar par rapport à la monnaie européenne et la chute drastique tant des exportations que des recettes fiscales algériennes — qui, il faut encore le répéter, sont constituées à 50% des recettes douanières dont la TVA sur les importations — il est évident que plusieurs facteurs aggravants ont fait intrusion dans la logique algérienne, jusque-là anesthésiée par les recettes pétrolières.

En effet, avec un différentiel entre le dollar et l’euro ramené à 10% de la valeur du dollar, les taux actuellement appliqués aux produits européens exercent un effet magnétique pour les importateurs vers cette zone sous-taxée et, par la même occasion, pour la surfacturation des importations qui, vu les taux de taxes extrêmement bas par rapport au reste du monde, auraient, dès 2017, tari aussi bien les réserves de change que les recettes douanières dans un délai maximal de 3 ans.

Nous nous retrouvons donc dans une situation prévue par l’Accord d’association, dans son article 11, qui permet des dérogations pour cas de force majeure dans certains secteurs, mais qui ne peut être gérée en dehors des délais prévus à l’article 6 qui considère la date butoir de 12 ans comme le seul cadre dans lequel ces dérogations peuvent être discutées pour une durée de 5 ans et des produits et secteurs limités. Il devient, de ce fait, impératif pour l’Etat algérien de renégocier cet Accord sous peine d’hémorragie financière et fiscale, mais il est impossible de le renégocier sans le rendre caduc de facto ; le mieux étant de demander la renégociation d’un autre accord qui annule intégralement celui-ci.

- Le volet économique de l’Accord d’association a été depuis toujours sujet à polémique. Qu’est-ce qui dérange exactement ?


Cet Accord, comme tout accord de libre-échange, donne un avantage certain à la partie productrice de biens et services, l’autre partie étant tenue de digérer passivement les produits de la première. Ce genre d’accord se négocie entre deux parties d’égales capacités d’exportation ou au moins de capacités compensatoires entre produits, mais jamais entre une puissance industrielle et une entité qui veut voir émerger chez elle des capacités de production qu’elle n’a pas encore. La mise en œuvre de cet Accord a encore enfoncé les chances du pays de promouvoir un tissu productif, l’importation de biens et de services devenant de facto plus rentable et plus attrayante pour les capitaux privés disponibles à son entrée en vigueur et qui se sont encore multipliés grâce à lui.

Le volet relatif à l’aide européenne à l’émergence d’un tissu productif national, énoncé en termes vagues, ainsi que celui relatif aux investissements productifs des deux parties sur les deux territoires ont subi le contrecoup d’une démarche économique erratique chez nous et les effets pervers d’une législation improvisée et sans objectif de fin, dont l’apogée a été la fameuse loi de finances «patriotique» de 2009 qui remet en cause non seulement le volet investissement de cet Accord, mais maintient tous les autres avantages aux fournisseurs de services et autres bureaux de liaison implantés en vertu de ce même Accord.

Nous nous sommes retrouvés avec tous les inconvénients de l’Accord sur le dos et la neutralisation des rares avantages dans le domaine investissement, ce que les Européens n’ont pas relevé à temps, considérant que tant que leurs produits peuvent se vendre, il n’est pas utile de revenir sur des dispositions qui les engagent en fait, mais sont sabordées par la partie théoriquement bénéficiaire.

- Quels sont les articles qui ont fait subir à l’Algérie de grosses pertes dans son partenariat avec l’Union européenne ?

Il n’y a jamais eu une projection claire d’un éventuel partenariat avec la communauté européenne. Tous les articles relatifs à la coopération dans tous les domaines sont flous et ne renvoient à aucun engagement précis de leur part. Ceux relatifs à l’investissement ont été neutralisés par nos propres capitaux orientés vers l’importation et nos propres bureaucrates, grands ennemis de tout ce qui est durable en soi.

Et ceci pour le grand bonheur des industriels européens qui ont trouvé un justificatif chez nous à un penchant chez eux. Les quatre protocoles précisant la nature des produits ainsi que les délais d’abattement des droits et taxes à l’importation sont, de fait, l’essentiel du corpus et de l’objet de l’Accord dans l’esprit des Européens dès le départ. Or, ces quatre protocoles renvoient à l’essentiel des produits existant dans la nomenclature de Bruxelles d’où est tiré notre tarif douanier.

Si nous continuons sur cet engagement, malgré la petite concession de trois ans admise par l’UE pour le démantèlement définitif, les produits de l’UE seront admis en Algérie sans aucun droit de douane et on deviendra un véritable free shop, certains produits étant déjà passés à la case zéro droits, étant inclus dans un protocole qui ne prévoyait que sept ans de délai pour le démantèlement total. Pour certains produits, le démantèlement s’est fait le jour de l’entrée en vigueur de l’Accord. Dans la conjoncture actuelle, tout l’Accord d’association dérange et même nuit.

- Dans les nouvelles négociations que veut engager l’Algérie pour la réforme de cet Accord, quelles sont les conditions et priorités qui doivent être posées au partenaire européen pour éviter un remake du scénario ?


En l’état actuel des choses, les négociations ne se feront pas en position de force vu notre situation économique et l’environnement géopolitique. Les seules conditions que pourra poser la partie algérienne seront la réactivation du volet investissement et assistance technique, comme compensation à l’augmentation des importations et au manque à gagner du Trésor, tout en renégociant non pas les délais, mais les listes au cas par cas, avec une mise à niveau de tous les produits à 60% de taux d’abattement par rapport au taux normal.

Pour cela, il faut déjà que notre intention d’investir sérieusement dépasse le cadre des déclarations politiques et des kermesses de circonstances, et passent à la refonte de tous les textes «investicides» élaboré à ce jour, ainsi que la mise au pas des fonctionnaires, dont la vocation première est de casser l’envie même de faire quelque chose d’utile en Algérie.

Mais en l’état actuel des choses, je doute que les Européens soient enclins à faire la moindre concession, tout en maintenant le vocable d’«association» dans cet Accord et de la capacité de notre système politico-administratif à appréhender la catastrophe qui s’annonce dans sa vraie dimension. La seule solution qui reste étant une dénonciation pure et simple du volet commercial de cet Accord et la renégociation d’accords de bon voisinage politiques, juridiques et culturels.


Source:Ali Titouche Elwatan économie le 13/10/2015


Intervention de Ferhat Ait Ali analyste financier dans l'émission Elhadeth d'Echourouk newsTV sur la LF 2016 du 06/10/2015

Entretien/ Ferhat Aït Ali, analyste financier: “Si on calcule le PIB en dinars constants ou en dollars, on pourra même parler de récession”

Rédigé le 30/08/2015
Yacine Omar

Dans cet entretien accordé à Algérie Focus, l’analyste financier Ferhat Aït Ali commente les dernières mesures visant à faire face à la crise et relancer l’économie nationale, annoncées hier par le Premier ministre Abdelmalek Sellal. Il nous livre ainsi son éclairage en distinguant entre les bonnes et les mauvaises mesures ainsi qu’entre ce qui est réalisable et ce qui relève de la chimère.

Algérie-focus: Le Premier ministre a annoncé hier un ensemble de mesures visant à faire face à la crise et relancer l’économie nationale. Qu’en pensez-vous?

Ferhat Aït Ali: Certaines sont bonnes et d’autres mal calculées, mais il n’a pas osé les annoncer directement. Il l’a fait par insinuations pour ne pas avoir ses détracteurs et adversaires dans les pattes avant l’heure.

Commençons par ce qui est positif. Lesquelles estimez-vous “bonnes”?

Il y a déjà la projection de relance de la production locale tous azimuts, par le disponible sur place et non pas par de nouvelles acquisitions et cela est faisable. Il y a aussi la préférence aux producteurs sur les importateurs en matière fiscale et bancaire, mais aussi la libération du foncier industriel. Cependant, si cela n’est pas accompagné de textes claires et de gardes-fous, on verra les mêmes intervenants bloquer toute la machine ou la débrider au profit des copains et coquins, en dilapidant ce qui reste encore sur place.

Passons maintenant au négatif. Quelles mesures estimez-vous mal calculées?

Pour les mauvaises, il y a surtout le maintien des subventions dans le schéma actuel et les promesses de maintien du niveau de vie et autres programmes de logements, alors que le Premier ministre sait qu’il ne pourra pas les tenir. Il a déjà dévalué le dinar, ce qui est une attaque direct contre le pouvoir d’achat des citoyens et une augmentation des coûts internes des programmes d’infrastructure, tous les marchés devant être ou révisés ou résiliés en interne.

Pouvez-vous mieux nous éclairer sur ce point par un exemple concret?

Imaginez un entrepreneur local qui a obtenu un marché, avec 60% d’inputs importés, et qui a soumissionné en dinars sur la base de 79 dinars le dollar, mais qui au beau milieu du marché se retrouve avec des inputs augmentés de 35 %. Il fait comment?

Le Premier ministre a indiqué que la Loi de finances 2016 prévoit la réduction des dépenses publiques de près de 9%. Un tel objectif est il réalisable?

Il l’a fait à hauteur de 1% pour la LFC 2015 sur les budgets d’équipements, mais le problème est dans le calcul de cette LF 2016. Si elle est calculée en dinars, elle est réduite de facto de 25 milliards par simple conversion des dinars au cours actuel. En revanche, si elle est calculée en dollars je voudrais voir pour y croire, mais dans l’absolu c’est faisable au niveau des équipements, en éliminant tous les programmes neufs des administrations publiques.

M. Sellal a également fait savoir que la LF 2016 projette un taux de croissance du PIB de 4,6%. Une telle projection est-elle fondée?

Encore faudrait-il que l’on se mette d’accord sur ce que l’on appelle le PIB dans l’absolu, et sur la base de calcul retenue. Si on considère que le cumul de dépenses sans projets ni objet peut faire un PIB, il est évident que l’on peut avoir de la croissance même dans la misère absolue, ou en usant ses dernières cartouches dans cette chimère de taux de croissance. Sinon, il faudra réviser ses batteries à la lumière de vrais repères, plus pérennes. En second lieu, si nous calculons le PIB en dinars fluctuants, il est évident que nous pouvons obtenir un taux de croissance même tiré par les cheveux, en additionnant toutes les dépenses induites par l’inflation. Toutefois, si on calcule en dinars constants ou en dollars, il est évident que le nouveau PIB attendu en 2016, une fois converti en dollars en PIB, il sera difficile de parler de croissance, ni même de maintien en l’état, on pourra même parler de récession dans toute l’étendue du terme. Même dans les pays nantis, cet objectif de croissance, qui ne reflète plus la sphère financière et ses spéculations que la sphère productive réelle et ses réalités sur le terrain, est de plus en plus remis en cause par tous ceux qui en ont assez de se voir analyser des chimères de bourse.

Entretien réalisé par Yacine Omar



Intervention de Ferhat Ait Ali analyste financier sur le plateau de kbctv


Ferhat Aït Ali est analyste financier. Dans cet entretien accordé à Algérie Focus, il nous livre un éclairage sur le taux d’inflation qui continue sa hausse dans notre pays, à la lumière des chiffres de l’Office national des statistiques, rendus publics hier lundi. Il décrypte également la crise financière qui frappe durement le pays, dont l’intégrité est plus que jamais menacée.

AF: Le rythme d’inflation annuel en Algérie a grimpé pour se situer à 4,5% en avril 2015, contre 4,1% en mars dernier, selon les chiffres de l’Office national des statistiques (ONS). D’un point de vue économique, comment peut-on interpréter ce taux ?

Ferhat Aït Ali: Avant d’interpréter le taux en lui-même, il faudrait déjà s’entendre sur les facteurs et repères qui lui servent de fait générateur. Du point de vue de l’ONS, ces facteurs sont un ensemble d’indices de prix à la consommation sur le marché interne, couplés à d’autres facteurs relatifs à la baisse ou hausse des prix des intrants de production et des produits finis importés sur le marché international à usage de consommation finale. De ce fait, je ne considère pas ce taux comme fiable dans la sphère réelle, il ne correspond à rien de concret et se limite à des indices aussi partiels dans l’approche qu’artificiels dans l’étude.

Ainsi les subventions aux produits de base, accordées par l’Etat pour le gros des produits consommés localement en quantités et montants, ne sont pas évacuées de l’étude, alors qu’elles maintiennent le taux très bas, tout en surchauffant les besoins budgétaires.

Concrètement, dans un pays qui ne produit pas grand chose, toute dévaluation de la monnaie locale se répercute immédiatement et directement sur le taux d’inflation et le coût de la vie, mais par le truchement des subventions et l’élimination des produits gênants en matière de fluctuations à la hausse, on peut générer le taux qu’on veut, sans que cela ne soit forcément vrai.

Si ces deux taux étaient logiques, ils auraient dû avoir une répercussion directe sur les taux directeurs de la Banque d’Algérie qui en sont tributaires comme dans tout système économique normal. Or, ces taux n’ont pas fluctué depuis six ans.

Donc, le taux d’inflation réel est plus important que celui avancé par l’ONS ?

Evidemment que le taux réel est plus important, et ne doit pas être inférieur à deux chiffres, si on s’en tient à la fluctuation du dinar depuis septembre 2014.

Peut-on alors dire que ce taux est davantage politique qu’économique?

C’est peut être une déformation de ma part, mais en ce qui concerne l’ONS, je n’ai jamais considéré que ses taux et autres indices sont fiables dans l’absolu, quand leurs données ne convergent souvent pas avec celles des autres secteurs censés les alimenter en statistiques, et qu’elles viennent souvent des années après la nécessite de leur exploitation. On peut être sûrs que l’élément politique est plus prédominant que la fiabilité économique dans l’établissement et la mise en ligne de ces données.

Le problème est que je ne sais quelle est l’utilité politique de communiquer ce genre de données, qui de facto ne convainquent que les parties déjà acquises au jeu, et servent plus à les maintenir dans l’aveuglement volontaire qu’à les éclairer sur la proximité du précipice. Les instances internationales savent de quoi il en retourne et savent que nos ratios sont artificiels et ne tiennent qu’à des manipulations qui échappent à la logique économique la plus élémentaires, mais les prennent pour ce qu’ils sont sur le moment, en signalant leur précarité, dans l’absolu, en attendant que le tapis qui les supporte, en l’occurrence la rente et les réserves de change s’effritent, pour sortir la grosse artillerie et dire à nos gouvernants leur fait dans toute sa crudité.

Aujourd’hui, on peut même juguler le taux d’inflation et le réduire à zéro, vu que nos réserves de change dépassent notre émission monétaire du double, et que le gros de ces réserves sont à Sonatrach, elle-même propriété de l’Etat qui peut ponctionner ses revenus et réserve pour tenir encore deux ans dans l’insouciance, mais après aucun billet dans notre pays ne vaudra sa valeur en papier brut.

Faut-il comprendre par là que l’Algérie ne peut tenir que deux ans? Nombre de spécialistes ont justement avancé la possibilité de recours de notre pays à l’endettement dans très peu de temps. Soutenez-vous cette hypothèse?

Le gros problème, est que nous ne présentons pas assez de garanties pour un endettement massif à hauteur de nos nouveaux besoins, et que nous ne pouvons pas nous limiter à des prêts limités et à destinations négociées et contrôlées avec les créanciers, nous aurons besoins de gros emprunts, sans aucune garantie fiable.

Tant que le pétrole se maintient à son niveau actuel, nous en avons encore pour quatre ans avant de penser à un endettement extérieur. Mais, pour la dette interne on y est déjà, et c’est même grâce à elle que le FRR (Fonds de régulation des recettes, NDLR) est resté à 4000 milliards de dinars, sinon il serait inférieur à la moitié de ce chiffre en 2014 déjà.

Est-il possible de redresser la situation, ou au moins éviter le pire, en un laps de temps aussi court?


Pour cela il faut des hommes d’Etat et pas des hommes politiques, et nous n’en avons pas aux commandes ni même dans le personnel politique opposant, le populisme et le carriérisme faisant office de programme, aucun d’entre eux n’est capable d’éliminer des subventions criminelles et alimentant en partie le crime organisé, y compris le trafic de drogue et accessoirement le banditisme et le terrorisme aux frontières.

Peut-on conclure que l’on se dirige inévitablement vers le chaos général, si les choses restent en l’état d’ici quatre ans?

Avec 10.000 milliards de dinars en émission monétaire et rien en contrepartie productive locale et en réserves externes, vous vous attendez à quoi de particulier à part le chaos ou la désintégration ? Rien ne pourra arrêter la ruée vers l’enfer de la discorde, surtout que la période de Bahbouha ( “El Bahbouha el malia”, ou aisance financière en arabe, une expression chère à l’ex-chef de gouvernement et ancien SG du FLN, Abdelaziz Belkhadem, NDLR) comme la nomment les fumistes politiques, a participé à la création du chaos économique avant même les prémices du chaos politiques. Pensez-vous sérieusement que permettre à un marginal de gagner le double d’un Bac+8, par cooptation politique ou dans un appareil répressif, ou par autorisation de racketter les gens dans la rue ou sur les plages, n’est pas déjà une forme de chaos programmé et pompeusement assumé sous le vocable de paix sociale et de stabilité éphémère?

Entretien réalisé par Yacine Omar 
Algerie Focus


Ferhat Aït Ali: «Sonatrach Investira Avec L’argent Des Réserves De Change »

ferhat-ait-ali_el-watanL’analyste Ferhat Aït Ali développe dans ce long entretien un argumentaire pour expliquer que la problématique de gaz de schiste en Algérie diffère des autres pays. Pour lui, outre la non rentabilité du projet, l’Algérie devrait se lancer dans des programmes d’économie d’énergie et opter pour des alternatives durables. Il aborde plusieurs aspects liés au contexte politico-économique et social.

Dans vos écrits, vous affirmez que l’exploitation du gaz de schiste ne garantit aucune rentabilité. Sur quels éléments se base votre analyse?

Je persiste à dire que non seulement il ne présente aucune rentabilité, tout en ajoutant que c’est surtout un gouffre financier qu’il n’y aura aucun moyen de résorber, dans les délais d’épuisement des puits forés.

Les meilleurs puits aux Etats-Unis ne permettent d’extraire que 10 à 20 % du gaz emprisonné dans la roche mère,

Selon un diagramme descendant d’une moyenne de 12 millions de pieds cube le premier jour, à la moitié au bout du 30ème jour de la production, avant de terminer l’année à 1,4 Millions de pieds cube, pour ensuite entamer les autres exercices à un million de pieds cube, ce qui d’après un calcul financier effectué en suivant un diagramme de production moyen de Talisman Energy, et dans la meilleure des perspectives de prix, un puits ne génère qu’une moyenne de 17 millions de dollars sur cinq ans et ce, à 5 dollars le million de Britsh termal unit(BTU, unité de mesure pour les volumes de gaz) et 11 millions au prix actuel de 3,45 dollars, soit une moyenne de 3 millions de dollars par exercice dans le meilleur des cas, et de 2 millions de dollars dans le cas présent.

Il est donc évident que le puits ne génère que ses frais de forage et d’exploitation dans la meilleure perspective et un tiers de moins actuellement.

Ces données outre atlantiques, comment peuvent-elle être valables pour l’Algérie ?

Aux Etats-Unis, le différentiel entre les coûts de forage et de production, ainsi que les prix du marché, est pris en charge par des subventions fédérales. Selon un principe qui revient en réalité à subventionner le consommateur et donc, l’industrie, par prise en charge des bénéfices attendus par les compagnies sur les fonds publics.

Dans le cas de l’Algérie, la situation est encore plus critique dans la mesure où il n y a aucune chance que les compagnies occidentales, et particulièrement américaines, nous facturent le puits au coût chez elles. D’ailleurs, elles viennent de le prouver en facturant 3 forages exploratoires en Tunisie, avant même l’entame de la demande des permis à 35 millions de dollars le puits.

De surcroît, si le pays se lance dans cette aventure, ce ne sera pas pour produire quelques millions de dollars, mais avec l’espoir de déboucher sur de nouveaux revenus en milliards de dollars. Or, pour chaque milliard de dollars par an, il faudra forer l’équivalent de 300 à 500 puits, selon les cours actuels ou attendus du gaz sur les marchés mondiaux. Il faut au minimum forer 300 puits, totalisant déjà 3 milliards de dollars aux Etats-Unis et manifestement 9 milliards en Tunisie. Peut-être plus en Algérie.

Le plus grave est que la première année de production est celle du pic de production, qui permet de récupérer environ le tiers de la production totale possible du puits. Ensuite, c’est du compte-goutte avec des recettes ne dépassant pas le million de dollars par an.

Ce qui est certain, non seulement l’investissement ne sera jamais rentable, mais que pour en amortir une partie, il faudra y rester une dizaine d’année ou refacturer au bout de 5 ans avec les risques et les coûts que cela entraîne immédiatement.

Quand j’entends le PDG de la Sonatrach parler de 100 milliards de dollars d’investissements sur 4 ans, cela est incohérent, même si c’est un dans le conventionnel. Il reste à interpeller quant à la nature de cet investissement et de ce qui en est attendu en matière d’augmentation de production et de rentabilité. Car si ces investissements trop lourds pour le conventionnel, sont destinés au non conventionnel, autant les jouer dans différents casinos avec plus de chance d’en récupérer une partie que dans ce processus sans issue. Ce sont des investissements hasardeux.

Quels sont donc les risques sur l’économie nationale ?

Les risques sur l’économie nationale sont évidemment multidimensionnels à court et à long terme

En premier lieu, les 100 milliards de dollars que compte investir Sonatrach ne proviennent pas des prévisions de gains de la compagnie sur les prochains exercices, mais de ses revenus après impôts cumulés sur une décennie au moins. «Sonatrach investira avec l’argent des réserves de change, qui sont tant vantées, comme une sorte d’airbag au prochain accident économique. Cet argent est dépensé sur 4 exercices en plein recul des recettes extérieures. Il est fort à parier qu’ils ne seront jamais compensés dans le futur, sauf évènement majeur sur les marchés mondiaux induit par une guerre à grande échelle ou un cataclysme naturel au Moyen-Orient.

En second lieu, l’économie algérienne qui souffre d’un manque d’accompagnement dans le domaine de l’investissement, perdra un montant qui peut booster l’économie locale s’il est injecté dans la sphère productive, tout en s’en servant pour menacer une autre source supplémentaire sur des revenus, qu’est l’agriculture saharienne.

Par ailleurs, l’illusion basée sur les réserves exploitables d’une source d’énergie non rentable dans cette conjoncture et détenue par une bonne partie de nos anciens clients, va encore accentuer le rythme des dépenses jusqu’à l’épuisement des réserves conventionnelles. Car il faudra bien compenser le manque de productivité des puits de gaz de schistes par une augmentation de la production d’autres ressources conventionnelles pour compenser les manques à gagner.

Autre point, la mise en péril de la nappe albienne et des terres dans les environs immédiats des zones de forage, empêchera toute autre activité agricole dans des périmètres qui justement regorgent d’eau et seraient mieux exploités en investissements dans ce domaine stratégique.

Enfin, L’orientation de ces capitaux vers le secteur pétrolier et gazier, pérennisera encore le chômage dans le sud et empêchera le lancement de grands périmètres irrigués, seuls à même de fixer les populations, de leur donner une raison d’exister par leur labeur, et d’attirer des populations du nord vers le sud pour créer cette symbiose nécessaire à toute Nation en construction et à toute économie en phase de décollage.

Tous ces éléments parmi d’autres vont créer le processus inverse de celui qui mène les nations vers le développement durable. En prenant cette trajectoire, nous assisterons à une dépendance en amont et en aval, ainsi que l’émergence d’une oisiveté rémunérée ou non d’une bonne partie de la société, avec tous les problèmes que cela soulève dans la sphère politique.

Les dirigeants disent ne pas avoir de choix…

Les dirigeant qui disent ne pas avoir le choix ne mentent pas si on se positionne de leur point de vue, qui depuis bientôt 40 ans, confond économie avec gestion des dépenses courantes en fonction du niveau de la caisse. Eux n’ont peut-être pas le choix, mais le pays si.

La première source de panique est économique. Une simple analyse des lois de Finance depuis 2000 permet de constater une constance dans les phénomènes suivants :

1-Les dépenses suivent les recettes et non les besoins réels, de telle sorte qu’aucune possibilité de recul n’est offerte en cas de chute des recettes.

2-Le Fonds de régulation des recettes (FRR) n’est pas alimenté par des excédents budgétaires, mais par une curieuse opération qui consiste à avoir en même temps des dettes et des excédents sans qu’à la fin de l’exercice les comptes soient soldés avec les disponibilités. Les compteurs remis à zéro servent ainsi de trompe l’œil rassurant pour des déficits qu’ils ne comblent jamais complètement et dont les soldes non cumulés représentent presque toujours la moitié de son solde.

3-Les dépenses de fonctionnement augmentent au fur et à mesure de l’augmentation des recettes, et ne sont jamais révisée à la baisse. En cas de coup dur, les ponctions sont immédiatement répercutées sur les budgets d’équipements, qui de toute façon ne sont jamais consommés en fin d’exercice. L’essentiel de ses dépenses sont constituées de salaires et subventions publiques, ainsi que de frais de fonctionnement, qui aboutissent en majeure partie au port, vu la frénésie de consommation qu’elles créent et l’absence de produits locaux faute d’industrie performante.

4-Les recettes ordinaires de l’Etat ne sont en fait que des ponctions faites sur les recettes fiscales pétrolières une fois redistribuées par l’Etat, et n’ont aucune existence réelle en l’absence de la seule source de fiscalité réelle que sont les hydrocarbures.

Il est donc évident qu’avec cette vision étriquée de l’économie, toute menace de baisse des recettes peut entraîner chez certains responsables une sorte de panique et la précipitation vers des solutions irrationnelles et irréfléchies pour éviter ce qui est pourtant inéluctable, faute de changement de cap économique et de système de pensée dans les sphères dirigeantes.

La deuxième source de panique est fausse et faussement appréhendée. Elle consiste en l’éventuelle panne énergétique du pays. Cette augmentation des besoins énergétiques de l’Algérie, régulièrement mise à l’avant comme une justification de la nécessité de penser à toutes les sources d’énergies possibles, évacue quand même toute réflexion sur les sources d’énergie propres et moins contraignantes en ressources fossiles, au profit de cette seule ressource fossile polluante et génératrice de dépendances multiples. Tout en entretenant l’opacité sur le volume réel des ressources en hydrocarbures conventionnelles à la lumière des données anciennes, des nouvelles découvertes et des extractions effectuées réellement sur les gisements existants, nous assistons régulièrement à des déclarations contradictoires de la part de différents responsables du même secteur et parfois chez la même personne à quelques jours d’intervalle en fonction de l’objet et de l’effet attendu de la déclaration.

La maîtrise de la consommation énergétique n’étant pas à l’ordre du jour, apparemment, toutes les spéculations sont admises sur la progression de la demande interne en toutes sources d’énergie, sans que le moindre chiffre fiable sur la consommation actuelle et sa destination finale ne soit fourni à l’appui de ses déclarations.

Les responsables et experts qui parlent d’une évolution de la consommation d’énergie du pays, se réfèrent à un taux de croissance prélevé sur les données antérieures comme une sorte de repère intangible. Ils omettent au passage de vérifier ou de reconnaître que cette croissance peut être exponentielle ou subitement freinée en fonction d’une politique nouvelle d’orientation de ces ressources vers un domaine ou un autre ou d’une saturation du marché interne par satisfaction de la plupart des besoins logiques des populations et de l’économie ; ou tout simplement par effet de crise faisant régresser aussi bien les capacités des ménages à consommer et à régler des factures de plus en plus onéreuses par chute brutale du niveau de vie local.

Toute prévision qui ne prend pas en compte les différents éléments d’analyse si dessus, relève plus de la spéculation et de la règle des trois primaire que des prospectifs biens compris. Et même s’il y a une progression des besoins locaux en matière de ressources énergétiques, cette progression ne pourra être soutenue et prise en charge que si une partie plus importante de la consommation est orientée vers le secteur productif au détriment de la consommation de confort ; sinon cette consommation ne pourra être soutenue longtemps en matière de prix quelque soient la consistance et la nature des gisements exploités d’ici là, et elle chutera d’elle-même une fois les soutiens publics retirés.

Que proposez-vous comme alternative ?

Bien qu’il n’existe pas à mon sens d’alternatives partielles et sectorielles à la situation de dépendance et pour ainsi dire d’addiction aux hydrocarbures à la lumière des politiques suivies à ce jour, une alternative globale existe à l’intégralité de l’économie nationale en amont et en aval, pour peu qu’une volonté politique de rectifier le tir vers un véritable système économique productif et autonome des cercles de rente, soit à l’ordre du jour dans notre pays.

A ce titre, il existe plusieurs pistes qui peuvent être explorées avec des risques financiers et environnementaux moins coûteux que les hydrocarbures non conventionnels, que ce soit pour maintenir de vrais équilibres financiers en matière d’économie ou pour produire plus d’énergie électrique avec moins d’hydrocarbures fossiles, tout en créant des emplois pérennes et pris en charge par les gains effectifs d’exploitation et non par l’accentuation des déséquilibres budgétaires de l’Etat.

En matière économique, le gros problème du pays n’est pas dans ses recettes, mais dans ses dépenses. Ces dépenses sont non seulement mal orientées mais suivent la courbe d’expansion des recettes en la rejoignant au début de l’augmentation des prix du pétrole pour finir par la doubler à la fin. Les déficits budgétaires sont là pour le démontrer. Le Fonds de régulation des recettes (FRR) n’étant qu’un cache misère pour une politique de dépenses expansionnistes et souvent sans objet, répondant plus aux considérations de maintien du système que de la gouvernance rationnelle du pays. Et les alternatives sont claires, inévitables et plus faciles à amortir tant qu’elles sont un choix bien assumé, que quand elles seront une obligation de facto à subir sans aucun amortisseur financier.

Il faudrait en premier lieu repenser le système de subventions publiques, destinées intégralement à la consommation. Qui mettent sur un pied d’égalité toutes les catégories sociales et tous les niveaux de revenus, au détriment exclusif des catégories théoriquement visées par elles, et au bénéfice de toute une faune de profiteurs à l’interne et des producteurs étrangers à l’externe.

Cette révision qui doit porter sur toutes les subventions, mais en particulier sur les prix des produits énergétiques, permettra d’économiser quelques 10 milliards de dollars par an, dont l’orientation sera en partie destinée à la promotion d’autres sources d’énergies et de construction d’habitats économes en énergie. Celle révision sera amortie par ces économies et productrice d’une rationalité énergétique apte à compenser ce qu’on croit être un manque à gagner par l’abandon de cette option sur le tout hydrocarbures.

En second lieu, il faudra repenser toute la grille de salaires de la Fonction publique, qui a été conçue par et pour des bureaucrates irresponsables, qui ont imposé à la société la prise en charge de leurs besoins et prétentions en premier, au détriment de sa pérennité économique et peut être existentielle à moyen terme.

Il est évident que les 40 milliards de dollars de salaires versés à un secteur non productif, représentent non seulement une aberration économique, par leur proportion dans le PIB, somme toute conjoncturel du pays, mais aussi une aberration juridique dans la mesure ou le gros de cette masse est représenté par les salaires faramineux des cadres supérieurs et intermédiaires de cette fonction, atteignant des coefficients insultants et irrationnels de 35 fois le SNMG dans certaines fonctions, ce qui ne s’est jamais vu ailleurs, ni même en Algérie, avant que la bureaucratie ne prenne les commandes à la faveur de ce qui apparaît comme un vide politique sidéral en face d’elle.

Cette révision ne pourra plus se faire, sans combler les écarts induits par ces coefficients, par une dévaluation du dinars qui verra les augmentations des seuls salaires poussés vers le bas par cette politique salariale injuste et aberrante, de manière à ce que le salaire le plus haut de la Fonction publique ne soit en aucun cas supérieur à 8 Fois le SNMG, comme c’est le cas dans des pays autrement plus riches ou le président lui-même ne touche que 10 fois le SMIG.

Cela permettra en même temps qu’un blocage des recrutements dans la Fonction publique et la mise à la retraite anticipée de tout ce qui dépasse la soixantaine, sans remplacement, d’économiser au moins le tiers de ce montant faramineux ; à orienter vers le soutien aux secteurs productifs agricole et industriel, moyennant création de projets fiables et d’emplois réels et permanents pris en charge exclusivement par les chiffres d’affaires des activités ainsi aidées en amont.

Il reste à suggérer une refonte du système bancaire après un audit fiable de sa situation réelle à la fin de cette année, de manière à y introduire des critères d’orientation des crédits en priorité vers l’investissement et d’un double taux d’intérêts selon le secteur auquel les crédits sont octroyés, en défaveur du secteur d’importation de produits finis et en faveur du secteur productif local, ainsi que par l’instauration d’une cellule d’étude non bureaucratisée au niveau de l’ANDI apte à faire des évaluations justes des projets soumis en matière de rentabilité et de coût réel des équipements, pour éviter les multiplications par 5 des coûts de certains projets tant publics que privés, et la multiplicité des centres de décision et d’évaluation qui se rejettent la balle une fois « le pot aux roses découvert ».

La clarification de tous les textes juridiques à vocation de régulation économique, de manière à ce qu’aucune instruction subalterne ou confidentielle ne vienne en pervertir ou annuler l’effet, afin d’éviter que la bureaucratie ne devienne une nouvelle menace économique et n’augmente ses charges de fonctionnement de suite à l’effet de ses nuisances financières en amont et en aval sur l’économie et les recettes futures de l’Etat.

Ces quelques mesures, avec d’autres, permettront de gagner en aval, soit en économies budgétaires, beaucoup plus que les quelques milliards de dollars attendus des gaz de schistes après un investissement colossal quasiment à perte sur 4 ans, tout en orientant l’économie vers le seul vrai sens qui lui donne le droit à cette dénomination, soit le financement d’un minimum de dépenses incompressible par un maximum de recettes extensibles, contrairement au cas actuel.

Votre point de vue concernant la consommation énergétique nationale…

Que ce soit en matière de production d’énergie électrique ou de connexion au gaz, il est évident que les prix domestiques doivent continuer à être soutenus dans la mesure où l’on ne peut facturer un produit local au prix international, pour des populations qui n’arrivent déjà pas à assumer leurs factures actuelles. Mais en contrepartie, il faudra inciter le maximum à utiliser des équipements et des isolations aptes à rendre leurs habitats moins énergétivores, par introduction de nouveaux matériaux dans les projets nouveaux et intégration subventionnée de ces matériaux dans les anciennes bâtisses, et dans la règlementation de mise en conformité, comme le double vitrage, le plâtre en épaisseur et les toitures inclinées et à grenier au Nord du pays et incurvées et à coupoles au Sud.

Et concernant les prix des carburants, nécessitent-ils une augmentation ?

Pour ce qui est des carburants, leur prix actuel relève de la dilapidation de deniers publics et de la menace pour l’économie nationale et la sécurité des personnes.

Le carburant à moins de 50 dinars le litre, et particulièrement le gasoil, qui par une aberration dont nous seuls avons le secret, est plus consommé que l’essence, avec un parc déclaré en majorité roulant à l’essence, a entraîné les effets suivants :

-Un alourdissement du budget de fonctionnement sans aucune contrepartie productive

-Une augmentation du parc automobile illogique et inutile, induite par une capacité de faire 100 KM avec moins de 100 dinars, soit vingt fois le tour d’Alger pour tout oisif qui prélève 100 dinars sur l’argent de ses parents.

-Une augmentation des embouteillages à l’entrée de toutes les villes à toutes les heures du jour et parfois de la nuit, sans aucune autre raison que le vagabondage à quatre roues.

-Une augmentation du taux d’accidents mortels dus essentiellement à l’imprudence au volant de personnes, qui dans une autre société n’ont aucune raison d’accéder à un véhicule ni même de penser à en acheter.

-Un trafic impossible à contrôler à long terme aux frontières, quelques soient les dépenses induites pour les effectifs énormes affectés à cette tâche, alors qu’un simple ajustement suffit par transformer cette activité en souvenir.

-Un financement intégral du trafic de drogue avec le voisin de l’ouest qui n’est pas payé par des devises achetées au square Port Saïd, mais directement par le troc contre les carburants.

Il est de ce fait impératif d’aligner les prix des carburants sur leur coût de revient réel, dans les meilleurs délais, en expliquant le pourquoi de la chose aux gens sensés, sans trop s’attarder sur les considérations de la catégorie qui pénalise la société par son irresponsabilité, en premier lieu les contrebandier et les principaux bénéficiaires du boom du parc automobile et par ricochet de celui de la pièce de rechange.

Et s’agissant de l’électricité…

En matière de production électrique, il est impératif d’estimer correctement les besoins du pays à moyen terme, en fonction de l’orientation économique que l’on se donne et non des besoins des uns et des autres en matière d’acquisitions coûteuses et parfois douteuses de centrales à gaz.

L’argent destiné à être dépensé pour produire du gaz de schistes peut, avec une faible proportion des sommes prévues à cet effet, permettre de produire la même quantité d’électricité propre, économisant de facto des quantités de gaz supérieures à celles qui seront éventuellement produites en gaz de schistes avec tout ce budget, tout en permettant au pays en mal de prestige d’innover et de se lancer sur ses propres fonds dans de nouveaux concepts écologiques, économiques à moyen terme de production d’électricité au vu de ses potentialités en énergies renouvelables :

-Un test sur une montagne solaire, qui est une cheminée solaire adossée à un relief montagneux, peut être fait à partir des mont de Djelfa jusqu’à Ain Salah ou Tamanrasset sur tout relief dépassant les 900 Mètres, tout en ménageant des serres agricoles sous les surfaces en verres destinées à chauffer l’air pour accélérer son ascension dans la cheminée, créant ainsi de l’énergie et des emplois, et pouvant être réalisés avec des moyens locaux en grande partie et même des techniciens locaux.

-Un projet de barrage vert en figuiers de Barbarie qui ne nécessite qu’un entretien sommaire, s’il a une profondeur de 5 kilomètres. Ce barrage vert pourra produire sur 6 millions d’hectares de terres désertiques, assez de biomasse pour produire les 12 gigawatt, prévus par le plan gouvernemental de développement du secteur, tout en employant en permanence une main d’œuvre locale de milliers de jeunes sans qualification, en lieu et place du prix du gaz. Ce programme contribuera à créer d’autres sources de revenus tout en arrêtant plus efficacement l’avancée du désert et l’érosion que ce qui déjà été fait en la matière. Il existe deux procédés aussi économiques l’un que l’autre. Le premier consiste à laisser sécher au soleil les raquettes arrachées et à les brûler dans des fours pour fournir la chaleur nécessaire aux turbines, par échauffement d’eau récupérés en aval. Le second consiste en des réacteurs biologiques qui produisent du méthane par fermentation des raquettes des figuiers de Barbarie. Ces raquettes produisent plus de méthane que n’importe quelle autre plante. En les connectant à ces cuves sur les centrales en lieu et place du gaz naturel, les Chiliens sont dessus et cela marche bien chez eux, alors que leur désert est froid par rapport au nôtre. Il faudra juste construire des petites centrales sur la ligne du barrage au lieu d’en faire des gigantesques au nord sans intérêts. Les petites centrales coûtent moins chères que les grandes au KWH et sont plus faciles à réparer. D’ailleurs, les déchets des figues de Barbarie peuvent fertiliser les sols arides du Sahara.

-L’encouragement des ménages à revenus intermédiaires et des classes aisées, à l’installation individuelle de panneaux photovoltaïques et le soutien à la production locale massive de ces panneaux, allègera d’autant le poids des surcharges sur le réseau de distribution locale, et réduira de facto les besoins en production d’électricité et en investissement coûteux et qui risquent de devenir impossibles à amortir et sans objet en cas de choc économique induit par cette frénésie de dépense et un tassement des prix de vente des hydrocarbures prévisible à moyen terme.

Dans l’ensemble, il s’agit d’impulser une baisse des dépenses de fonctionnement, conjointement avec une réorientation des dépenses d’équipement de l’Etat, et une réforme de l’économie dans toutes ses dimensions, juridique, financière et règlementaire, et si nécessaire même dans sa composante humaine, car c’est aux fonctionnaires de s’adapter aux besoins réels du pays et non au pays de s’adapter aux désirs de ces derniers.

Mehdi Bsikri
El Watan 02/02/2014





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